Le Togo, petit pays de l’Afrique de l’ouest offre une étonnante diversité géographique et culturelle malgré ses maigres 56 600 km2. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, les peuples et les ethnies se différencient par leur culture, leurs habitats, leurs us et coutumes, leurs modes de vie etc. Chacune des villes des cinq régions que composent ce petit lopin de terre raconte une histoire, ravive un souvenir ou fait découvrir des originalités. Agbodrafo, une ville de la région des lacs dans l’extrême sud, est l’une de ces parcelles, qui allie histoire et charmes touristiques.

A une trentaine de kilomètres de l’est de Lomé, se dresse Agbodrafo. Cette ancienne cité portugaise (auparavant nommé Porto Seguro) qui s’est à présent muée en une tranquille petite ville au bord du Lac Togo, offre à tout visiteur une somme de sites qui retracent le passé colonial de la cité.

La ville d’Agbodrafo a été reconnue comme faisant partie de la fameuse « Côte des esclaves ». Pour cause, on peut y découvrir quelques vestiges de ce passé tels que « la maison des esclaves » (Slave Home) ou « le puits des enchaînés ».

La « slave house » est un ensemble de six pièces qui enferment en leur sein l’histoire de l’esclavage version togolaise. Son rez-de-chaussée construit sur du plancher conserve sa cave d’antan qui a servi à garder les esclaves qui étaient toujours enchainés en attente d’embarquement vers les lointaines destinations. Ce plancher posé il ya près d’un demi siècle lui confère un statut symbolique. A ces symboles historiques s’ajoutent « Gatovoudo », « le puits des enchainés » qui rappelle les sévices que subissaient les esclaves.

Mais, au delà des affres de l’histoire, Agbodrafo c’est aussi le plaisir nautique avec le lac Togo qui la sépare de Togoville, ville dont pays porte le nom. Cette étendue d’eau paisible de 64km2 qui regorge de poissons et des espèces aquatiques, est un des lieux les plus accueillants du pays.

Entouré de petits villages, ce lac constitue un reposoir pour les habitants de la ville mais aussi un lieu pour pratiquer plusieurs sports. Son cadre enchanteur attire également les organisateurs d’événementiels. Récemment le lieu a été choisi par l’artiste King Mensah, une grande figure de la musique togolaise, pour lancer un festival dénommé « Togodo » (qui veut dire derrière le lac).

Depuis l’indépendance du Togo, Agbodrafo a accueilli plus de 10 000 visiteurs et attend depuis 1999 d’être reconnu comme « patrimoine mondial » par l’Unesco.