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Pierre Akakpo

URL du site internet: http://www.tootogo.org

Il est bien difficile de remonter aux sources de l’excision. Selon la philosophe et essayiste Séverine Auffret, cette pratique plonge ses racines dans le néolithique et a dû être d’un usage courant dans toute l’humanité protohistorique. Nuisible, l’excision également désignée sous le vocable de « circoncision féminine » ne concerne pas seulement par tradition, les filles et les femmes d’Afrique ou du Moyen-Orient. Elle affecte et brise la vie de filles et de femmes des populations immigrées des pays développés.

Dans un sens plus large, l’excision consiste en l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres. Il s’agit d’une mutilation sexuelle qui concerne de nombreuses femmes de par le monde. Une femme sur trois en est concernée en Afrique. Il y a plus d’une douzaine d’années, près d’une trentaine de pays africains était recensée et dans lesquels les mutilations sexuelles se pratiquent. Et la proportion des victimes de cette pratique qui suit son cours, diffère selon les pays. Plus de 85% de femmes sont excisées dans des pays comme le Djibouti, l’Egypte, l’Erythrée, la Guinée-Conakry, le Mali, la Sierra Leone, la Somalie et le Soudan. Par contre entre 25% à 70% de femmes le sont au Burkina, en Centrafrique, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Liberia, la Mauritanie, le Sénégal et le Tchad. Quelques minorités ethniques pratiquent l’excision dans des pays comme le Bénin, le Cameroun, le Ghana, le Niger, le Nigeria, la République Démocratique du Congo, la Tanzanie et le Togo.

Connaissance de la pratique de l’excision et ethnie en milieu togolais

Selon les données collectées par des missions d’enquête, les déclarations des personnes interviewées révèlent des différences nettes selon les ethnies. On note que 73, 3% des enquêtés Cotocoli/Tem reconnaissent que l’excision est pratiquée dans leur ethnie pour 0,7% des Ewés enquêtés ont le même avis. D’une manière générale, il en ressort un pourcentage assez révélateur pour les ethnies Tchamba (75, 9%), Cotocoli (73,7%), Moba (46, 0%), Ifè (40,9%).

Les personnes approchées ont ainsi donné les raisons qui justifieraient la pratique de l’excision. Les avis analysés émanent des femmes de la tranche d’âge (15-59 ans), des hommes chefs de ménage, des groupes de discussion et des entretiens individuels. «... Ca honore les parents parce qu’on va leur dire que leur fille ne connait pas un homme avant d’aller au foyer » a déclaré un habitant de Gando, localité située dans la partie septentrionale du Togo.

De l’avis d’un autre, « l’excision réduit la prostitution car elle représente ici et là en Afrique un moyen d’éviter le vagabondage, donc d’éviter les maladies ou risques de transmission de maladies entre la femme et l’homme ».

Les avis divergent à propos de la discussion sur les mutilations génitales féminines (MGF). Il s’agit pour les uns d’un sujet tabou ou de honte. « C’est un secret ; on ne peut pas tout dire » avait affirmé une ancienne excisée dans la préfecture de Tône. D’autres sont par contre disposés à en parler en public lors des séances et campagnes de sensibilisation. « Au Togo, les mutilations génitales féminines existent surtout de la région des Plateaux jusqu’à la région des Savanes », de l’avis d’un responsable d’ONG. Il est appuyé par un autre pour qui « ce problème des mutilations génitales féminines est quelque chose que dans certaines régions, on n’ose pas en parler ! On le fait dans le secret des familles ».

Pour une pratique comme l’excision, les motivations sont nombreuses et diverses. On parle de la préservation de la virginité, de l’hygiène tout comme des arguments religieux. Le respect de l’être humain est le point de vue évoqué par les opposants à la pratique. En effet, l’excision (ablation du clitoris voire celle parfois des petites lèvres et de la suture entre autre des grandes lèvres n’est qu’une atteinte à l’intégrité physique et morale de la victime de cette forme de mutilation génitale féminine). Les risques encourus sont multiformes pour la victime, manque d’hygiène (la mort suite à une infection) ou la douleur liée à la pratique sans anesthésie, la perturbation de l’identité féminine.

Actions menées pour enrayer la pratique

Pour prévenir les violences, la riposte aux violences liées au genre, des actions multiformes, surtout de proximité en synergies avec les ONG avec le soutien des organisations internationales notamment le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) et d’autres partenaires. Ces actions sont ordinairement centrées sur l’information, la sensibilisation et la formation et touchent un grand nombre de personnes de toutes catégories sociales sur toute l’étendue du territoire.

Entre le 25 novembre et le 10 décembre de chaque année, la section togolaise de Women in Law and Development in Africa / Femmes, Droit et Développement en Afrique (WiLDAF/FeDDAF) dont le siège est basé à Hararé au Zimbabwe, mène une campagne de lutte contre les violences faites aux femmes. En appoint, des émissions radio télévisées (des causeries-débats dans les différentes langues nationales sur ces violences faites aux femmes notamment l’excision sont réalisées. Outre l’élaboration d’une stratégie nationale de lutte contre les violences basées sur le genre, les préfets, chefs cantons, chefs de villages, enseignants, parents, personnel des forces de sécurité et judiciaire, des chefs religieux voire des exciseuses ont émis à contribution. Des crédits de reconversion ont été souvent octroyés à ces dernières et à leurs intermédiaires.

Malgré l’adoption de la loi N° 98 / 016 du 17 novembre 1998 par le gouvernement togolais portant interdiction des mutilations génitales féminines, le phénomène tend à persister. Et en dépit de son application, et des actions de sensibilisation et vulgarisation, des poches de résistance selon Napoe Assibi, présidente nationale du Comité Inter-Africain (CI-AF) existent dans les préfectures comme Assoli, Tchamba, Pagouda…

Il y a lieu de soutenir toutes les bonnes volontés qui se battent par tous les moyens contre l’excision. Que de campagnes d’information, d’émissions radiophoniques ou télévisées, des écrits ! Faut-il désespérer ? Pas du tout, car il s’agit d’un travail de longue haleine pour venir à bout de la pratique, qui n’est qu’ « attentat intolérable contre le corps des femmes, d’enfant sans défense, suppression inadmissible de leur fonction érotique… »

Des exciseuses ont signé en décembre 2012 à Sokodé dans la partie centrale du Togo, un pacte d’abandon de la pratique. Du matériel d’usage avait été rendu et les produits issus des activités de reconversion présentés pour la circonstance. Ces actions font du Togo, le second pays africain après le Bénin voisin, à atteindre ce niveau d’encouragement dans la lutte contre la pratique. « Il y a des pratiques que nos ancêtres eux-mêmes s’ils revenaient à la vie trouveraient caduques et dépassées » a dit le Malien Amadou Hampaté Bâ. Aussi est-il important de renoncer à l’excision et de promouvoir le plein épanouissement de la jeune fille, et faire de sa scolarisation, la priorité des priorités. Un combat au quotidien doit être mené par et dans les pays concernés.

Patricia Adjisseku

Sources : Les Mutilations Génitales Féminines (MGF) de Pierrette Herzberger-Fofana

Etudes sur les mutilations génitales féminines au Togo-Unicef/UNFPA-Juillet 2008

Gelo Gal à la consécration

mercredi, 18 décembre 2013
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Artiste, chanteur, compositeur, interprète, Gelo Gal quitte son continent natal l’Afrique et s’installe en France depuis 2009 pour donner une autre dimension à son métier d’artiste musicien chanteur. Je vous laisse découvrir ce Rasta Man dont la musique tire ses racines du blues, du reggae et folk…

Gelo Gal a passé son enfance dans le quartier populaire (Bè) de Lomé. Ses parents étaient contre son avenir artistique, donc c’est en cachette qu’il apprend à jouer de la guitare et à composer ses textes.

Sa carrière musicale débute lors de manifestations locales et c’est à ces occasions que Gelo Gal s’est fait remarquer et connaître. En 1991, il enregistre aux côtés de Tani Zambe sur l’album « Dokplakpla » qui connaîtra le succès.

Gelo Gal n’a jamais arrêté d’écrire et a l’idée d’enregistrer ses prochains albums en France, et il a pris le temps et toute son énergie d’où le titre de son dernier album « Consécration » qui est déjà dans les bacs.

Il reste très attaché à ses racines et souvent ses textes sont en langues éwé ou fon.

En résidant en France, Gelo Gal pense que c’est un passage obligatoire pour sa musique comme pour beaucoup de musiciens africains.

« J’invite tous les artistes togolais ainsi que le ministre de la culture et tous les médias à s’unir pour que la musique togolaise résiste. Mis tooTogo be musique ». Gelo Gal

Il promet un nouvel album pour 2014.

Après son premier « Am Lovin it » et deuxième « Baza Baza » albums sortis respectivement en 2010 et 2011, Eunice MAWUSSI sort son troisième opus « Game Su » ce vendredi 25 Octobre 2013 à Omaha, Nebraska (Etats-Unis). Ce dernier est au complet.

Eunice MAWUSSI propose 10 morceaux pour la discothèque musicale mondiale et surtout pour rehausser les couleurs de son pays d’origine (Togo), cette fois-ci, elle a ajouté du folklore "Agbadja"; un rythme qui a sa place dans la musique chrétienne. L'album a un message unique et très exigeant: "Dieu est prêt dans sa souveraineté pour te bénir, positionne toi pour recevoir ton miracle".

Sur cet album, on retrouve les titres comme : Il a mis fin à tes soucis, Tu me manques, Game Su, Le Vua Me, We Got the Power, To my God, I love you so, Ne miedo Dzifo la, African Hit Praises, Baza Baza (English Version).

Sans détours, Eunice Mawussi peut être classée aujourd'hui parmi les artistes, chanteurs, compositeurs, interprètes de la magnificence divine de notre Unique Créateur (Gospel dans un fonds musical d`inspiration Reggae).

Eunice Mawussi sort par la même occasion son deuxième livre qui s’intitule « Où était Dieu ? ». Pour méditation, le passage ci après de ce bouquin de 336 pages.

« Certes, nous ne devons pas nous attendre à ce que Dieu vous donne le poisson auquel nous nous attendions impatiemment dans vos prières, il nous apprendra plutôt à pêcher. Vous devez faire attention aux instructions divines. Pensez à ce principe chaque fois que vous priez, ainsi, la nature de vos requêtes changeront, vous saurez comment distinguer les réponses à vos prières telles que « Oui », « Pas Encore » ou « Non ». Enfin, nous devons nous aimer les uns les autres, nous entraider, car c’est vital pour la famille Baza Baza de Dieu. Des fois nous sommes les réponses aux prières de nos prochains, au lieu de les aider, nous leurs disons plutôt: « Oh mon frère, ma sœur t’en fais pas, Dieu va le faire ». Bien que nous ayons la possibilité de les aider à l’instant même, nous refusons d’ouvrir la main. Alors, réponds à cette question s’il te plaît : « où étais-tu quand Dieu avait besoin de toi le plus pour sauver ton prochain ? »…

Pour célébrer la joie divine mutuelle avec les familles et les groupes communautaires chrétiennes voulant remercier le Créateur à la fin de cette année 2013, Eunice Mawussi donnera quelques concerts dédicaces : samedi 30 novembre 2013 à Nashville Tn, samedi 14 décembre 2013 à des Moines Iowa et dimanche 15 décembre 2013 Concert a des Rapids Iowa et samedi 21 Décembre 2013 à Philadelphia aux Etats-Unis.

TooTogo ne peut que lui souhaiter bon vent !!!

Vicky Bila à la source du Jazz

dimanche, 13 octobre 2013
Publié dans Diaspora DISQUS_COMMENTS

Chanteuse africaine d’origine togolaise, Vicky Bila affirme son originalité en fusionnant le jazz et les rythmes puisés à la source des chansons ethniques africaines. Le swing et la douceur de ses mélodies, les paroles, la pureté de sa voix illustrent en elle toute la beauté de la musique africaine. Vicky Bila est une artiste humaniste et engagée. Elle préside la fondation joyforpeace qu’elle a créée pour promouvoir la paix au travers de la musique et par des projets de développement durable. Dans la lignée des plus grandes, un charisme, une référence, une grande voix qui sublime et fait rêver. Une voix chaude, sensuelle, digne des jazz lady, Vicky Bila revient à ses premières amours avec une élégance humble en proposant un Jazz à la fois sophistiqué et populaire dans une langue africaine, le mina une langue du sud du Togo en gardant la nature des chansons Jazz. Aujourd’hui elle nous fait vibrer au rythme de son nouvel album Jazzafric sorti cette année 2013.

Vicky Bila, merci de nous accorder cet entretien. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Vicky bila mon nom d’artiste qui m’a été gentiment donnée par Thomas sankara qui était un ami et un très grand musicien guitariste passionné du jazz et soul. Je suis née à Lomé Nyékonakpoè d’une mère sage-femme et d’un père officier formé à la saint Cyr en France, était professeur à la Sorbonne et à Dakar. J’ai fait ma scolarité à Lomé, Mango et Kara (Togo) parce que la musique prenait trop de place par rapport à mes études, ayant mon bac j’ai pu faire une formation d’infirmière et hôtelière en suisse. J’ai 2 enfants. À mes heures perdues je fais de la peinture, les dessins sur tissus la photographie, la lecture et surtout le jardinage, j’affectionne tout particulièrement les roses et j’ai diverses variétés dans ma maison de campagne en suisse. De par le métier de mon mari je voyage beaucoup à travers le monde, c’est très enrichissant culturellement, mais mon lieu de résidence reste la Suisse. J’ai développé très vite mon oreille musicale en chantant dans des chorales, en allant à (hakpa qui est une séance de chant folklorique)avec ma grand-mère, en écoutant la musique afro -américaine, de la pop anglaise ainsi que des variétés africaines, et latines. Je me rappelle de la boîte carrée verte en métal avec son unique bouton noir qui pendait au mur dans la cour, de chaque maison à Lomé. J’ai passé des heures sous cette boîte avec mon cahier de chant pour copier les chansons qui me transportaient et qui me livraient des jeux de voix pour l’entrainement de mes cordes vocales plus tard. Les chansons qui n’étaient ni en français ni en mina sont inscrites phonétiquement par mes soins. On avait la grande radio au salon mais je suis trop jeune pour avoir accès. Très curieuse et avide de nouvelles expériences, je suis passée par plusieurs formations et orchestres et aujourd’hui ayant la maturité musicale, je veux offrir aux mélomanes de l’Afrique la musique de tous les temps... le jazz.

Parlez-nous de votre dernier opus « Jazzafric » pourquoi Jazz A fric ?

C’est mon 5ème album, je l’ai nommé JazzAfric. C’est un jeu de mots qui à tout son sens. Le jazz qui a son origine en Afrique si on se réfère à l’histoire de l’esclave et à sa genèse, rapporte énormément du fric aux industries de disques qui sont comme d’habitude détenues par les occidentaux et les Anglo-Saxons. Depuis la nuit des temps la terre d’Afrique et ses fils de loin ou de près ont été toujours exploités où qu’ils soient et ceci dans tous les domaines. On vient de commémorer les 50 ans de la marche et le discours de Martin Luther King (I have a dream) 50ans après la plupart de ses revendications restent toujours d’actualité. Bref, disons que le jazz regagne la maison habillée de couleurs d’ailleurs. J’ai toujours aimé la musique jazz, à l’époque où je chantais dans l’orchestre de Wellborn Attivor, le jazz était déjà dans notre répertoire. Par la suite on avait créé le premier groupe (jazz train) de Lomé.

Le grand public en Afrique n’a pas l’habitude d’écouter du jazz qu’est-ce qui vous a motivé, quelle est la raison ?

Effectivement c’est le constat que j’ai fait, ce qui m’a amené à une longue réflexion. Cet album en est le résultat. Le jazz est quasi méconnu en Afrique ; il est connu et apprécié que dans un cercle restreint de personnes, ou considéré comme une musique intellectuelle pour les intellectuels. Il est presque absent sur les médias du continent Noir et au Togo. Fort de ce constat, j’ai recommencé une démarche d’étude de l’histoire de la musique afro-américaine et du jazz en particulier, à cet effet je voulais rendre accessible la musicalité du jazz en Afrique en reprenant des thèmes et titres en leur donnant des textes en langue locale en offrant ainsi la possibilité au plus grand nombre de s’imprégner de cette musique qui tire ses racines de l’histoire africaine. Après réflexion j’ai décidé de créer un concept celui de réadapter les chansons jazz des grandes figures du jazz chanté dans ma langue maternelle le Mina. J’étais impatiente de voir l’impact et l’émotion transmis en interprétant les chansons de Bessie Smith, Billie Holiday, Sarah Vaughan, Julie London, Ella Fitzgerald, Dianah Washington, Nina Simone et bien d’autres encore comme si, elles sont nées, vivaient, et évoluaient dans la musique jazz en Afrique. Ce fut fabuleux, curieux vu que les gens identifiaient la plupart des airs et mélodies.

Est-ce que d’autres artistes l’ont essayé ?

Dee Dee Bridgewater une des grandes jazz lady a fait un duo avec un griot mandingue ce n’était pas la même chose. Pour cet album JazzAfric, les chansons sont en Mina une langue du sud du Togo. À l’écoute, il n’y a aucun doute sur l’intérêt que cet album va susciter car l’utilisation de textes originaux sur l’interprétation musicale de standards Jazz avec les arrangements que j’ai fait, offre à l’auditeur une émotion partagée tant par les néophytes de ce style de musique que par des oreilles averties. La musique jazz par définition et de par son origine doit revenir à une audience populaire en Afrique noire. Cette réalité fait partie de l’histoire africaine ; libre à nous africains de se la réapproprier en y mettant les couleurs de notre quotidien et surtout de la démocratiser. Dans toute l’histoire du jazz, le lien africain n’est jamais été rompu. Ainsi l’héritage de la culture africaine a été retissé, a rencontré d’autre culture et d’autres esprits pour le magnifier et en aboutir au jazz contemporain.

Pourquoi le jazz et pas d’autres genre de musique ?

Le jazz n’est pas seulement un genre de musique, c’est toute une histoire d’hier, d’aujourd’hui et de demain, la musique africaine est la source de la musique Jazz. Un Jazz Man disait qu’il y a un lien entre la musique africaine et la musique de toutes les civilisations à travers le monde, parce que l'Afrique a eu la première civilisation. Et la musique africaine est aussi vieille que l'Afrique. Où que vous alliez, la culture africaine, la musique africaine y ont été. Je pense que nous devons mettre à jour l’histoire culturelle de l’Afrique, revenir à l'histoire ancienne, parce que la musique d’aujourd’hui vient de là. Le corps et l’âme de la terre africaine est la source du jazz teinté de toutes les émotions exprimées en réaction à un exode forcé.

L’esthétique de votre voix est captivant sur jazzafric.

J’ai beaucoup travaillé ma voix et c’est à travers mon parcours exigeant et singulier avec beaucoup de prestations pendant des années dans des salles feutrées de grands hôtels et des scènes nationales et internationales que j’ai affiné mon esthétisme musical et mon identité de chanteuse. Je suis heureuse quand je chante au studio ou sur scène, en phase avec moi- même C’est jouissif et j’essaie de le transmettre au public et aux éditeur.

Avez-vous travaillez l’album en Europe puisque vous y vivez ?

L’album a été enregistré en live à Lomé pour plus de cohésion et de feeling et mixer à Genève en Suisse. Le Team Jazzafric est composé d’Arsène Kofi Arso à la guitare, à la guitare basse Gaétan Ahouandjogbé, au piano Ariel Cheney, à la batterie, percussion Gilbert Ai-Nho, Koffi Enam kafui Assimadi saxo, clarinette, j’ai fait mes chœurs. Rodrigue Bellow ingénieur de son à Lomé, Arnaud Ruffieux mixage et mastering au studio Ruff-Tang laboratoires à Genève. La confection de la jaquette est faite par mes soins vu que je fais de la photographie.

Pourquoi le choix des musiciens africains ?

J’aurais pu réaliser cet album avec les musiciens européens ou américains, j’avais l’opportunité de me rentre à Chicago mais je ne voulais pas une performance de virtuosité, j’ai préféré les musiciens africains pour plus d’authenticité et c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai travaillé avec ces jeunes musiciens pleins d’énergie, et de fraicheur, des passionnés. L’ambiance pendant les répétitions était jazzy et collégiale, le plus important pour moi c’est l’intégration de mon idée, de mon objectif, la compréhension de la définition et le sens du jazz. Ils étaient tous sur les mêmes pieds d’égalité. Leur créativité leurs personnalités s’affirmaient en toute liberté, la star était le jazz.

Combien de titres l’album jazzafric comporte ?

L’album jazzafric présente les 7 merveilles du jazz (rires…) Il est en distribution numérique, chez Nbolo et la radio Zephir (Lomé-Togo) pour le moment.

Avez-vous des évènements à venir ?

Le 29 novembre 2013 à Rouen en France dans le cadre de la lutte contre l’excision dans le monde, un évènement organisé par le secours populaire français en collaboration avec le Festival Chant D’Elle.

Jazzafric nous invite à revisiter notre histoire et d’inscrire dans la mémoire individuelle et collective que comme vous l’aviez dit.

Le corps et l’âme de la terre africaine est la source du jazz teinté de toutes les émotions exprimées en réaction à un exode forcé. Vous pouvez écouter l’album sur le site www.vickybila.net et sur Youtube.

Gustave Akpehou DJONDA est un artiste plasticien qui sillonne l’Afrique, l’Europe et l’Asie par ses œuvres qui en disent long sur la réalité africaine et surtout sur son pays le Togo.

Interview d’un artiste inspiré naviguant constamment entre rêve et réalité.

Gustave Akpehou DJONDA, pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs s’il vous plaît ?

Je suis Djonda Akpéhou Gustave, artiste plasticien africain d’origine togolaise. Je préfère tout court dire artiste car à part les arts plastiques (sculpture, assemblages de bois, photographie), je suis danseur et acteur. Ces deux disciplines artistiques sont en veilleuse depuis peu, mais très bouillonnantes toujours en moi. Je me suis aussi lancer dans la vidéo en tant que réalisateur amateur de film documentaire.

Qu'est-ce qui, dans vos études, vous a donné les clés pour être à ce niveau ?

Justement ce sont mes études : l’éducation. Accepter d’apprendre et d’être former. De ce connaître, connaître son environnement et les autres. Connaître sa culture, très important pour moi. J’ai eu des professeurs au collège et au lycée qui m’ont fait comprendre combien la valeur de la culture africaine. Non seulement ça, mais aussi j’étais toujours dans des réseaux culturel et artistique. A partir de là, je comprenais petit à petit ma vocation artistique. Mon choix d’être un artiste. Un porteur de message. J’ai aussi compris ce qu’est une vision et une philosophie artistique. Et pour être à ce niveau, j’ai inscris ma vision dans les valeurs culturelles africaines.

L'idée de vous lancer dans une profession artistique vous est venue quand ?

Au lycée, dans les années 90. Après avoir participé à l’atelier de création de la «RENCONTRE AFRO-EUROPEENNE » à l’institut Goethe de Lomé en 1993. Et c’était la première fois que je rencontrais des artistes comme Sokey Edorh, Amouzou Glikpa, El Loko et d’autres. J’étais très fasciné devant leur génie créateur, la force de leur expression artistique.

Les premières représentations/expositions, vous vous en souvenez ? Comment les avez-vous décrochées ?

C’était en janvier 1998 à l’Institut Goethe. L’exposition était intitulée le « JARDIN PARLANT ». C’étaient des œuvres en papier et en toiles sous-verre. A l’époque je peignais beaucoup avec la latérite et de la poudre de fer surtout dans l’abstraction. Le public avait répondu très nombreux à l’invitation. Je me rappelle aussi que l’artiste chanteur qui avait animé le vernissage était Thierry Nkeli Faha. à la guitare et Fola à la percussion.

Vous disiez souvent que vous avez été influencé par Sokey EDORH et Kossi ASSOU. Explication !

Des aînés que j’ai le plus approché ce sont ses deux là : Sokey EDORH et Kossi ASSOU. Selon moi ils sont différents dans leurs démarches artistiques. J’ai pu puiser chez chacun quelque chose qui me fait en tant qu’artiste aujourd’hui. Chez le premier j’ai pris l’audace artistique. Quand on artiste il y a des limites qu’il faut obligatoirement franchir : ne pas avoir honte de jouer son rôle pleinement, d’assumer et assurer ses responsabilités. Kossi Assou m’a apporté la finesse de la philosophie et de la technique artistique. L’élégance en tant qu’artiste dans son discours et dans ses œuvres.

Dans vos œuvres, vous décriez souvent la politique en Afrique. Peut-on vous classez dans la catégorie des artistes engagés ?

Engagé par rapport à quoi et à qui ??? Mon environnement m’inspire énormément. Est-ce par ce qu’on décrie la mauvaise politique en Afrique qu’on est engagé ?? Pour moi il est grand temps que l’éducation soit la priorité des politiques en Afrique. Lorsqu’on est éduqué, on sait qui on est et qui sont les autres. Ce dont on a besoin et ce qui est inutile…bref on connait sa personne et sa culture.

Que signifie pour vous la couleur rouge que vous utilisez dans vos œuvres ?

Une couleur bien sûr comme toutes les autres. Mais je lui prête une interprétation artistique. Dans mes œuvres elle symbolise pas mal de choses qui se révèlent vraies dans la réalité. Le Rouge c’est le sang qui nous relie par exemple, peu importe ta race, c’est la couleur qui illustre le mieux les sentiments et les émotions : l’amour, la colère, la douleur…Elle est omniprésente dans la plupart des drapeaux africains. On l’a retrouve aussi dans la pratique de plusieurs religions avec diverses interprétations. Voilà les raisons qui m’ont motivé à choisir de travailler avec cette couleur. Cela ne veut pas dire que je peins totalement les œuvres de rouge. le rouge me sert d’expression.

En plus d’être artiste peintre et sculpteur, vous faites aussi des photos. Qu'est-ce qui vous plaît le plus : faire des photos, de la peinture, de la sculpture ou des expositions ?

En réalité je me confie à mon inspiration. Elle m’arrive sous diverses formes. Soit par l’imagerie réelle et là, je me tourne vers mon appareil photo, soit par la matière et la forme, d’où la sculpture ou l’assemblage de bois ou soit par la couleur, la matière et les formes, alors naît une toile.

Aujourd'hui, quel est votre grand projet ?

Mon désir c’est de faire le tour des grands musées du monde par des expositions.

Votre dernier mot.

Merci à vous tous qui faites quelque chose pour la culture togolaise à l'étranger.

Traduction

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